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La fondation LURO été créée en 1924 par Madame et Monsieur LURO en “témoignage de reconnaissance pour les agriculteurs du Pays de Cize”.

Madame LURO

mme_luroMme Gracianne ELIÇAGARAY est née le 2 septembre 1850, dans une famille habitant depuis longtemps à Gamarthe. Elle était la petite fille de Bernard ELIÇAGARAY (1783-1862), maître de la maison Eliçagaraya qui fut maire de la commune de Gamarthe pendant de nombreuses années.

Alors que Gracianne ELIÇAGARAY, âgée d’une vingtaine d’années, vivait chez ses parents, Guillaume LURO, qui avait émigré en Argentine quelques années auparavant, vint au village rendre visite à ses parents. Il demanda Gracianne en mariage et l’épousa le 20 octobre 1875.

Les nouveaux époux partirent en Argentine où Guillaume LURO s’était constitué un important patrimoine. Vers 1880, ils quittent l’Argentine et reviennent au pays natal.

Guillaume LURO, vite adopté par les villageois, devient Maire de la commune en 1884 puis Président du Syndicat de Cize ; syndicat, comme l’on sait, chargé essentiellement des biens en indivision communale du canton de Saint-Jean-Pied de Port (19 communes) plus la commune de Suhescun, terrains principalement situés en montagne et affectés au pacage des animaux de ferme. Il procède également à l’acquisition de plusieurs propriétés agricoles.

Guillaume LURO et son épouse Gracianne ELIÇAGARAY n’eurent pas d’enfant.

Guillaume LURO décède en 1910, âgé de 79 ans.

Au cours de son veuvage qui va durer vingt-huit ans, Mme LURO continuera d’habiter dans la maison Salaberria en compagnie de sa nièce Marie PEYROT, épouse de Charles IROUME. La grande maison sera bientôt animée par la présence des quatre enfants du couple. Dans sa nouvelle situation, à la tête d’une fortune assez considérable, Mme LURO va se révéler une femme d’une grande personnalité. Dotée d’une belle prestance, d’un abord plutôt réservé, prudente et clairvoyante dans la gestion de ses affaires, elle faisait montre en toutes circonstances d’une autorité souriante mais ferme.

Elle avait tout d’abord le culte de sa famille. Elle apporta durant toute sa vie un soutien précieux à sa sœur Augustine, épouse de Pierre PEYROT. Le couple eut cinq enfants. Elle eut la joie d’assister au mariage de son neveu et de ses quatre nièces qui devinrent eux-mêmes parents de nombreux enfants.

Mme LURO et deux de ses neveux

Mme LURO et deux de ses neveux

En dehors de sa famille, Mme LURO était surtout connue pour sa générosité qui s’exerçait généralement avec beaucoup de discrétion : il s’agissait bien souvent de venir en aide à des personnes touchées par le malheur.

Religieuses sur le perron

Religieuses sur le perron

Mais elle était également soucieuse de procéder à des réalisations plus importantes.
A Lacarre même, elle finança entièrement l’acquisition d’une belle maison située près de l’église afin que puisse s’y installer un petit groupe de religieuses de l’Ordre des Servantes de Marie d’Anglet, qui pendant de longues années allaient assurer l’entretien de l’église ainsi que l’accueil des jeunes enfants du village, ouvroir et école ménagère.

Après la guerre de 1914-1918, son altruisme, sa générosité, allaient se manifester de manière plus éclatante.

Mme LURO recevait en effet à son domicile de nombreuses visites venant du milieu ecclésiastique, curés et vicaires de paroisses notamment, qui l’informaient avec précision de la vie des agriculteurs du canton. Elle avait conservé également des relations avec des personnalités du monde civil que son mari avait côtoyé de son vivant.

Elle eut ainsi connaissance du sort malheureux de certains vieux agriculteurs qui, après une longue vie de labeur, vivaient dans des conditions difficiles dans des maisons parfois isolées où les jeunes « maîtres de maison » avaient déjà beaucoup de mal à élever leur famille («  Etxeko jaun andere gasteak »).

L’idée de créer une maison de retraite pour ces paysans en fin de vie germa dans son esprit. Elle consulta des hommes de loi, prit contact avec des congrégations religieuses.

La fondation

Mme LURO finança entièrement la construction et l’aménagement de tous les bâtiments ; l’installation et l’équipement chirurgical d’une clinique avec sa salle d’opération, l’édification d’une jolie chapelle munie de sa cloche et de ses vitraux honorant saint Guillaume et sainte Engrâce, chapelle malheureusement récemment détruite, la construction de bâtiments annexes à usage agricole. Un jardin d’agrément, fleuri en toute saison,  un jardin potager, soigneusement tenu, s’étendirent devant la façade de la maison.

Lors de l’inauguration de la Fondation Luro, on procéda au dévoilement d’une belle plaque de marbre blanc, sertie dans un riche encadrement de bronze finement ciselé. En lettres d’or, la plaque consacre le nom de Fondation Luro. Elle rappelle aussi en quelques lignes le souvenir de Guillaume Luro que sa veuve voulut ainsi associer à la réalisation de son œuvre de bienfaisance. Son buste gravé dans un médaillon couronne l’ensemble de la décoration de bronze.

 

Plaque de la Fondation Luro

Plaque de la Fondation Luro

Mme LURO eut la satisfaction de voir le développement harmonieux de la Fondation qu’elle avait créée et qui eut la chance d’être dirigée par une Mère Supérieure très responsable, appartenant à l’Ordre des Franciscaines de Marie Immaculée, secondée par un petit groupe de religieuses dévouées et attentives au bien-être des pensionnaires et des malades.

Mme Gracianne ELIÇAGARAY, veuve de M. Guillaume LURO, s’est éteinte à son domicile à Lacarre le 11 novembre 1938, à 88 ans, entourée de l’affection de toute sa famille.